Niponika Bulogula

Niponika Bulogula

Kotobalades avec Béni-le-rouge, un petit vélo qui parle avec les êtres inanimés / よろずのものものとblabla(おしゃべり)できる紅色でbéni(祝福された)な自転車ベニとのぶらぶら旅

07 Aug 2022

今度こそ、牛久沼

Le matin du 6 août, Béni-le-rouge et moi avons improvisé une sortie jusqu’au marais Ushiku. Sortie improvisée, parce que la météo annonçait un ciel couvert pour tout l’avant-midi et une température maximale de seulement 28 °C, contre les 35 et 36 quotidiens des derniers jours. Impossible de rater cette occasion d’aller rouler.

Deux jours plus tôt, Béni-le-rouge avait reçu son nouveau sac de voyage qui s’installe à l’avant. Du coup, sa roue arrière n’a plus à supporter le poids des bagages en plus du mien. Autre avantage, ce sac s’accroche à un adaptateur fixé au cadre du vélo, et non au guidon, ce qui fait toute la différence pour la stabilité.

Quand elle est vide, la moitié du haut peut se replier sur la moitié du bas pour plus de compacité. Ce jour-là, j’y ai mis le sac de transport du vélo (輪行袋), que j’accrochais jusqu’ici au guidon ou fixais à l’arrière.

Nous sommes donc partis de bon matin vers l’est, le long du fleuve Tone (利根川), puis avons coupé vers le nord-est, en coupant à travers la ville de Moriya (守谷市) pour aller rouler sur la rivière Kokaigawa (小貝川) en direction du marais Ushiku (牛久沼).

Juste avant d’atteindre la rivière Kokaigawa, nous sommes passés devant un champ de fuki (pétasite du Japon), de la variété gigantus (アキタフキ) à en juger par la taille des feuilles.

Tout à l’est de la rivière Kokaigawa, nous sommes arrivés à Ushiku (牛久), où la piste débouchait sur un coin de pays pas très joli à voir.

Une autoroute lugubre surplombait les lieux

Un grand restaurant abandonné, aux murs défoncés et fenêtres cassées, vestige d’une ère d’abondance touristique ?

Heureusement, à l’approche du marais, le paysage reprenait des airs plus invitants.

À l’entrée d’un hameau, celui-ci nous présentait ses attraits sous une jeune fille accrochée aux pattes d’un service aérien naturel.

Nous sommes d’abord allés du côté de la courte promenade du Kappa, avant d’aller voir le monument du Kappa et, chose qui nous a semblé étrange sur le coup, en pleine nature, un musée de la littérature dédié à l’écrivaine Sue Sumii (住井すゑ).

Comme il n’y avait personne sur la courte promenade en bois, nous nous sommes permis de rouler dessus, puis d’y prendre Béni-le-rouge en photo tout au bout, près d’une pancarte qui mettait les promeneurs en garde contre les guêpes (スズメバチ).

Sur notre gauche, faisant face au marais, quelques petites maisons de plain-pied adossées à la forêt.

Nous sommes ensuite allés voir le bâtiment du musée de la littérature, sans y entrer. Bien que la romancière Sue Sumii (1902-1997) soit originaire de la préfecture de Nara, donc très-très loin d’ici, elle est venue vivre à Ushiku en 1935 pour y habiter avec son époux.

À notre menu du jour, il restait le monument du Kappa, qui se trouvait tout au fond d’une large allée de terre battue bordée de bancs et bambous.

Béni, vu du monument du Kappa

Niponika Bulogula, vu du guidon de Béni

À quelques dizaines de mètres de là, une allée menait à l’atelier Ungyotei, ancienne demeure et atelier du peintre Usen Ogawa (小川芋銭 1868-1938). Nous y avons profité de l’ombre quelques minutes, sans entrer dans l’atelier.

Nous avons ensuite entamé le tour du marais par sa rive est, qui nous réservait des paysages beaucoup plus jolis que prévu.

Ici, un Kappa était assis, pensif, sur son îlot de pierre, près d’un étang.

À une intersection, un chat se reposait en bordure de la route, sans daigner répondre à nos appels pour le photographier de face.

Suivait un très beau champ de ciboule (長ネギ).

Ailleurs, un jardin potager orné de quelques fleurs d’un orange très vif.

Sur l’autre rive du marais, le début de la piste n’avait pas de revêtement. Nous avons croisé un entrepreneur du coin en pleine opération de désherbage. Il est arrivé devant quelques arbrisseaux qui lui bloquaient le passage, et, accélérant, a décidé de leur réserver le même sort qu’aux mauvaises herbes…

… les arbustes ont toutefois refusé de céder, forçant la machine à s’immobiliser brusquement. Incapable d’avancer, le conducteur m’a regardé avec un petit sourire gêné. Vous remarquerez qu’il portait des vêtements un peu chauds pour la saison, mais des petits ventilateurs lui soufflaient de l’air dans le dos.

Juste un peu plus loin, une pancarte interdisait aux entrepreneurs locaux de se débarrasser ici de leurs déblais (残土).

De retour sur la piste de la rivière Kokaigawa, nous avons fait une pause devant des voiliers télécommandés, passe-temps masculin plutôt rare, puisque ce sont généralement des avions télécommandés qu’on aperçoit, au-dessus du cours d’eau.

Finalement, dans les derniers kilomètres, nous sommes passés devant les rizières qui longent le fleuve Tone. Celles-ci sont entrecoupées de je-ne-sais-quoi, il s’agit peut-être d’une culture mixte, mais pour le savoir il faudrait traverser les herbes, qui montent jusqu’à la taille en cette période de l’année, avant d’être happées par les machines à désherber et de jaunir sur place.

Comme c’était le cas tout près de la maison, sur une des deux rives du canal Tone (利根運河).



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